L’ARUTAQ a, au cours de cette année 2025, partagé auprès de ses membres pas moins de 190 références médiatiques distinctes, couvrant l’ensemble du territoire québécois et une grande variété de points de vue (usagers, organismes, élus, syndicats, ministères et médias). L’ensemble des articles, reportages, communiqués et contenus audio-vidéo démontre une présence médiatique soutenue et transversale, tant dans les médias nationaux que régionaux, généralistes et spécialisés.
Cette revue de presse couvre une période marquée par une intensification sans précédent des tensions entourant le transport collectif et, plus particulièrement, le transport adapté au Québec. À travers une couverture médiatique soutenue, elle met en lumière un système fragilisé, soumis à des pressions financières, organisationnelles et politiques, tout en révélant des initiatives locales porteuses et une mobilisation croissante des usagers et des organismes de défense des droits.
Grands enjeux structurants
Le sous-financement chronique du transport collectif et adapté demeure l’enjeu central. De nombreux articles ont souligné des compressions budgétaires, des reports d’investissements majeurs, une hausse rapide des coûts d’exploitation (carburant, main-d’œuvre, entretien) et un manque de prévisibilité financière pour les organismes. Cette fragilité financière alimente directement la dégradation des services offerts aux personnes en situation de handicap.
La gouvernance du transport adapté constitue un autre enjeu clé. Les processus de mutualisation, de transferts de services entre opérateurs de transport, ainsi que l’implication accrue du secteur privé soulèvent de vives inquiétudes quant à la qualité, à la continuité et à l’équité des services. Plusieurs articles révèlent une perte de contrôle local et un éloignement des réalités vécues par les usagers.
Les droits, la sécurité et la dignité des usagers ont également occupé une place centrale dans la couverture médiatique de 2025. Les cas d’agressions sexuelles, d’oublis d’usagers vulnérables, de services partiels ou inadaptés et de ruptures de service illustrent des failles graves, avec des conséquences humaines majeures. Ces situations nourrissent un sentiment d’abandon et renforcent la nécessité d’un encadrement plus strict et de mécanismes de traitement des plaintes plus harmonisé et autonome.
Enfin, le besoin de reconnaissance du transport collectif et adapté comme service essentiel traverse l’ensemble de la revue de presse, tant dans les débats politiques que syndicaux, notamment en contexte de grèves, de conflits de travail et de réformes structurelles.
Obstacles persistants
Parmi les principaux obstacles documentés figurent la pénurie de main-d’œuvre, les conflits de travail récurrents, la vétusté des flottes de véhicules, les retards dans l’électrification et l’inadéquation entre les orientations gouvernementales et les capacités réelles des organismes. L’électrification, présentée comme une priorité politique, est fréquemment critiquée pour son manque de réalisme opérationnel et ses impacts indirects sur l’offre de services.
La disparité territoriale est également fortement soulignée : l’accès au transport adapté varie considérablement d’une région à l’autre, accentuant les inégalités entre milieux urbains, ruraux et éloignés.
Avancées et signaux positifs
Malgré ce contexte difficile, notre revue de presse annuelle a mis en évidence plusieurs avancées. Des initiatives locales innovantes émergent : autopartage de véhicules adaptés, tentatives d’amélioration des horaires, intégration de nouvelles technologies, partenariats avec les CISSS et CIUSSS, investissements ciblés dans certaines MRC.
La tenue de tables de concertation témoigne également d’une volonté de mieux documenter les enjeux et de proposer des pistes de solution concrètes, notamment en matière de gouvernance, de formation des chauffeurs et d’admissibilité.
La mobilisation citoyenne et associative constitue enfin une avancée majeure. Manifestations, campagnes nationales, lettres ouvertes, prises de position politiques et couverture médiatique accrue contribuent à replacer le transport adapté au cœur du débat public, en lien direct avec les droits fondamentaux, l’inclusion sociale et la participation citoyenne.
Quelles attentes pour la prochaine année ?
En 2026, la défense des droits en transport adapté devra s’appuyer sur un message clair, cohérent et rassembleur : le transport adapté est un droit fondamental et un service essentiel, indissociable de la dignité, de la sécurité et de la participation sociale des personnes en situation de handicap. Les constats issus de la revue de presse de 2025 imposent de placer au cœur du discours la qualité des services, l’équité territoriale, la transparence de la gouvernance et la reddition de comptes, tout en reliant explicitement les défaillances actuelles au sous-financement chronique du système.
L’année 2026 devra ainsi marquer le passage d’une défense réactive à une défense structurée et proactive, portée par l’expertise des usagers et des organismes communautaires, afin de faire du transport adapté un enjeu électoral incontournable, de justice sociale et de responsabilité collective au Québec.
La Coalition transport adapté (ARUTAQ-AQRIPH-COPHAN) porte en ce sens un manifeste clair et rassembleur, qui réaffirme le caractère fondamental et essentiel du transport adapté, exige un financement adéquat et prévisible, une gouvernance transparente et une protection renforcée des droits, de la sécurité et de la dignité des usagers sur l’ensemble du territoire québécois. Nous invitons les citoyennes et citoyens, les organismes, les élu·e·s et les partenaires à signer ce manifeste et à joindre leur voix à ce mouvement. https://arutaq.org/campagne-nationale-2026/