Budget 2026-2027 : un nouveau rendez-vous manqué !

Bien qu’affiché sous le signe de la prudence économique, le budget 2026-2027 du Québec opère un arbitrage politique au détriment de la mobilité et de l’action communautaire. Pour les personnes en situation de handicap, il s’agit d’un rendez-vous manqué.

L’ARUTAQ déplore l’absence de vision à long terme et souligne que les solutions d’avenir viendront de la société civile ; encore faut-il que le gouvernement soutienne financièrement ces acteurs à la hauteur de leur rôle essentiel.

En transport collectif, le gouvernement privilégie une approche court terme. Les investissements annoncés visent surtout à éviter des compressions visibles, sans s’attaquer au déséquilibre structurel du financement des réseaux. On maintient les services à flot, mais sans vision d’avenir. Cette logique de gestion au jour le jour reporte les problèmes plutôt que de les résoudre.

Le constat est encore plus préoccupant en transport adapté. Pourtant essentiel à l’accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi et à la vie sociale, ce service demeure largement absent des priorités budgétaires. Aucune mesure structurante ne vient répondre à la croissante demande. Sur le terrain, les conséquences sont bien réelles : délais prolongés, rigidité des horaires, inégalités régionales. Les usagers doivent trop souvent s’adapter au système, au lieu que le système s’adapte à eux.

Ce manque d’ambition révèle une vision réductrice du transport adapté, encore perçu comme une dépense à contenir plutôt que comme un service essentiel. Or, répondre aux enjeux systémiques actuels ne peut passer par des ajustements ponctuels ou des mesures « à la petite semaine », souvent dictées par des impératifs à court terme, voire électoraux.

Ce qu’il faut, c’est un financement stable et prévisible, une planification à long terme, et une véritable équité entre les territoires. Autrement dit, des investissements stratégiques conséquents, à la hauteur des besoins et des ambitions sociales du Québec.

La même logique s’applique à l’action communautaire. Malgré leur rôle essentiel, les organismes continuent de composer avec un sous-financement chronique. En l’absence d’une indexation adéquate, leur pouvoir d’achat diminue, fragilisant leur capacité à soutenir les populations les plus vulnérables. Là encore, les annonces dispersées ne suffisent pas à répondre aux défis. Ces deux réalités sont étroitement liées. Moins de transport accessible et moins de soutien communautaire signifient plus d’isolement, plus d’exclusion et moins de participation sociale. Ce cumul accentue les inégalités, en contradiction directe avec les objectifs affichés de justice sociale et de transition écologique.

Le budget 2026-2027 met ainsi en lumière une tension fondamentale : gérer à court terme ou construire à long terme. Or, la mobilité ne peut être pensée comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est une condition d’exercice des droits et de contribution équitable de tous et toutes à la société québécoise. Au-delà des chiffres, c’est une question de société qui se pose.

Pour l’Alliance des regroupements d’usagers du transport adapté du Québec , le choix est sans équivoque. Il est temps de dépasser les mesures ponctuelles et d’adopter une vision ambitieuse, cohérente et durable. Une vision qui reconnaît pleinement que le droit à la mobilité — tout comme le soutien à l’action communautaire — constitue un pilier essentiel d’une société inclusive, juste et solidaire.